mercredi 8 novembre 2006

Sept, huit, neuf

 Je vois que ma dernière note a semé l’épouvante et le silence parmi mes fidèles lecteurs et commentateurs ... Je passe donc à un sujet plus compatible avec la blogosphere ambiante: l’amitié.

Quand j’étais jeune j'avais deux très grands amis inséparables, c'est à dire qu'ils étaient inséparables de ma personne. Je voyais soit l'un, soit l'autre, mais jamais ensemble. Ils avaient l'un pour l'autre une hostilité énorme et ne se rencontraient jamais. Ils avaient pourtant une chose en commun: je les avais rencontrés tous les deux au même moment, en septembre 1968, environ deux mois avant mon douzième anniversaire.

L'un était un garçon âgé de 15 ans, un homme quoi, vu de mes 12 ans. Il suffit d'ailleurs que je pose mes jeunes yeux sur lui pour savoir que mon destin se mettait en marche. Quand à elle, ma nouvelle amie, elle venait d'atterrir de Paris dans une ville affreuse de province et je me proposais immédiatement pour rompre sa solitude. Elle est encore à ce jour ma grande amie comme on dit grande prêtresse.

C’était facile à cette époque de se faire des amis et c'est moins facile plus tard où tant d'obstacles se donnent le mot pour gâcher les relations avant même qu'elles ne démarrent. Et puis, faut-il le préciser j'ai laissé derrière moi tous mes amis à l'age de 21 pour émigrer en Israël. Ici les gens ont leur clan. Ce sont les amis du lycée, de l’armée parfois de l’université. Et puis après ... il semble que personne ne soit intéressé à former de nouvelles amitiés.

Mais moi, j'ai une nouvelle amie. Elle est arrivée dans ma vie à l'aube de mes 50 ans comme un miracle, comme un coup de baguette magique. Je la connais depuis peu de temps mais j'ai l'impression d'avoir grandi avec elle. J'ai même l'impression parfois de savoir déjà ce qu'elle me raconte de sa vie, comme si ma conscience la connaissait avant même que j'ai fait sa connaissance. Faulkner a écrit: "Memory believes before knowing remembers". Peut-être l'ai-je déjà connue dans une autre vie, une autre sphère ... et je l'ai oubliée - mais ma mémoire se souvient d'elle et lui donne toute sa confiance.

Elle se reconnaîtra si elle lit ce message et je veux qu'elle sache: elle est ma douce et magnifique messagère de l'espoir, augure de jours calmes et heureux ou les heures sereines effacent toutes les peines.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2006-2007

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