Introduction:
nous sommes en septembre 2006 et notre héroïne décide d'aller chez l’optométriste suite à une constatation renversante, elle n'y voit
plus rien. Les panneaux de direction demeurent bien évasifs pour
elle, et ses livres de cours semblent avoir des lettres clignotantes.
"Il est temps de changer mes lunettes" s'exclame-t-elle.
C'est là que le Guerrier Ottoman prononcera la phrase fatidique: "va
chez Eliezer, je le connais de la synagogue, il est très bien".
Premier épisode: notre héroïne, très respectueuse de l'avis de son époux, se
dirige donc le lendemain vers le cabinet d'Eliezer, le grand optométriste. Il est absent lui dit-on mais un charmant jeune homme
qui se dit optométriste l'engage à s’asseoir sur un beau fauteuil noir
pour examiner sa vue. Son ordonnance est dans le collimateur et
quelques jours plus tard elle récupère ses nouvelles lunettes.
Deuxième épisode: quinze jours plus tard notre héroïne se réveille avec une
migraine à couper au couteau. Gavée d'Optalgin elle sort de chez-elle
pour découvrir que l'univers s'est pratiquement dédoublé pendant son
sommeil. Sa vision focale a pris des vacances ... Impossible de
traverser la rue ... Elle rentre chez elle, allume la télé et là elle
voit deux Tom Cruise faire de l'alpinisme sur deux flans de montagne.
"Assez" s'écria-t’elle et elle prend rendez-vous illico chez
son médecin. Le médecin lui prend la tension et l’envoie tout droit aux
urgences craignant un décollement de la rétine.
Troisième épisode: tribulations de notre héroïne aux urgences. Elle est accompagnée du Guerrier Ottoman et de la Passionaria qui justement
visitait ses parents ce jour là. Médecin numéro un, médecin numéro
deux. Évidemment elle n'a rien. Vous connaissez ce genre de tirade
que les médecins affectionnent "vous n'avez rien mais revenez la
semaine prochaine". Alors l'oculiste des urgences il lui dit "je
ne vois rien mais prenez rendez-vous pour demain matin à l’hôpital
chez un spécialiste de la cornée". Le lendemain matin le
Guerrier Ottoman toujours à son poste à ficher en l'air sa demi journée de travail ... Attente de trois heures pour parler au grand spécialiste, la quarantaine sympathique (joli minois), il a un peu
trop tendance à parler au téléphone pendant que notre héroïne a des
produits qui piquent dans les yeux ... mais bon ... il sait faire des
greffes de la cornée alors on va lui pardonner à ce génie de la médecine... Son diagnostic: "je trouve rien". "Si
j'ai rien alors qu'est-ce que j'ai" dit l’héroïne qui commence à légèrement fatiguer. "Ça doit être vos nouvelles lunettes"
dit le grand spécialiste. "Elle sont sans doute mal réglées".
Quatrième épisode: la boutique d'Eliezer. Entre temps notre héroïne était en
France et elle est revenue. C’était rudement pratique de ne rien voir
dans la rue ni à l’aéroport ou les vols s'affichaient dans un
brouillard permanent ... Elle a finalement Eliezer devant ses yeux.
Elle a insisté pour que le grand optométriste en personne examine sa
vue. Il n'est pas grand, une barbe toute noire et des yeux marrons très beaux, très généreux. Et là ... elle réalise qu'Eliezer est le
portrait tout craché de son grand-père qui par coïncidence s'appelait
Luzer. Elle en est toute retournée ... Résultats de l'examen: tout
est faux (non ... sans blague), il faut rectifier la vue de prêt et
la vue de loin (ce sont des verres multifocals). Quelques jours plus
tard elle va récupérer ses nouvelles lunettes, enfin soulagée que cet épisode pénible de sa vie mouvementée soit enfin conclu.
Cinquième épisode et épilogue: trois jours plus tard. La salle de bain. Notre héroïne est allée à son cours de Pilatis après la sortie de Shabbat.
Le Guerrier Ottoman est venu la récupérer et tous les deux ont fait
de la marche, histoire d'entretenir leurs carcasses quinquagénaires.
La voilà-donc dans sa salle de bain, mais elle ne trouve plus ses
lunettes ... Elle cherche un peu partout, sous l’évier, sur les étagères, sur le lit, à côté de l'ordinateur, mais en vain ... Et
puis crac ... cela a fait un drôle de bruit... le bruit d'un paire de
lunettes brutalement écrasée par un pied pachyderme. Alors demain
elle doit retourner chez Eliezer , le grand optométriste, celui qui
ressemble à son grand-père. Elle le voit déjà sourire malicieusement
en passant sa main dans sa barbe noire. Elle espère tout de même
qu'il ne pensera pas qu'elle l'a fait exprès ... Et moi-même je me
demande si cet acte manqué ne la conduira pas à de prochains épisodes. A suivre ...
Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2006-2007
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