jeudi 15 mars 2007

Comme si nous n'avions jamais existé

Dans la série "j'allume la télé et j'attends qu'il se passe quelque chose" voici ma dernière trouvaille: San Fransisco (1936), un film de W.S. van Dyke. Nous sommes à San Fransisco en 1906 et cette comédie dansante et chantante nous emmène d'abord dans les coulisses d'un cabaret à la mode ou Clark Gable et Jeanette Mac Donald se côtoient avec malice, usant d'un langage vert à souhait, tout cela avant de tomber profondément amoureux. La fin de l'histoire sombre bien inévitablement dans la tragédie lorsque le fameux tremblement de terre de 1906 secoue la fière et belle San Fransisco pour n'en laisser que des décombres.

La fin du film comporte deux plans qui ont été réutilisés récemment par de grands réalisateurs:

Les survivants du tremblements de terre se sont réfugiés en dehors de la ville. On annonce "l'incendie est contrôlé!!". A ce moment-la une foule de survivants émerge en ligne d'une colline, exactement de la même façon que Spielberg l'a filme à la fin de La liste de Schindler lorsque les survivants de Schindler apparaissent à la limite de la colline.

Tout de suite après cette scène on annonce que la ville de San Fransisco a été entièrement détruite par les incendies, puis l'on voit la ville actuelle (en 1936, au moment ou le film a été tourné) avec ses gratte ciels: c'est époustouflant et véritablement émouvant même pour une spectatrice made in 2007. Or, la même scène a été reproduite par Scorsese dans la dernière image de Gangs of New York. Amsterdam (Leonardo Dicaprio) et Jenny (Cameron Diaz) rescapés de la tueries des gangs, regardent du haut d'une colline la ville de New York. Amsterdam dit "... Et quoi qu'ils fassent pour reconstruire cette ville, à jamais, ce sera comme si nous n'avions jamais existé". Puis la ville de New York d'aujourd'hui (2002) apparait sur l'écran dans toute sa splendeur, créant un moment final puissant et plein d'émotions.



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samedi 3 mars 2007

Moi et l'administration des postes

Je suis des cours à l'université et quand je dois rendre un devoir, c'est toujours plus ou moins le même topo. A la dernière date d'envoi autorisée, je le termine à la dernière minute et rapplique à la poste dix minutes avant la fermeture pour surveiller de mes propre yeux le tamponnement de l'enveloppe et hop ... je peux passer à autre chose.

Je suis comme çà. Pour pouvoir fonctionner il faut que je sois stressée à bloc. Comme je ne suis pas forcement tout le temps stressée il faut que je compte sur mes propres capacités de survie pour provoquer la venue du stress. J'attends donc jusqu'au dernier moment, jusqu'au moment fatidique ou avec stupéfaction, que dis-je avec horreur, je réalise que mon devoir est a à rendre dans 2 jours et je n'ai rien lu et rien fait. S'en suit une montée d'adrénaline qui ne ferait pas déshonneur à un pompier devant un immeuble en feu. Branle bas de combat. Alertés par une alarme sécrète mais assourdissante, les produits chimiques liés au stress se mettent en action et sont propulsés dans mes méninges à la vitesse du son: je lis, je réfléchis, j'écris, je suis heureuse, c'est magnifique. Cette excitation et profusion intellectuelle durera exactement jusqu'au moment ou la-dite enveloppe contenant le-dit devoir sera compostée par la postière.

Pourtant la dernière fois que je me suis précipitée à l'entrée de la poste, un peu avant la fermeture, une surprise m'attendait: elle était fermée.
"Comment çà fermée?" J'étais incrédule.
L'agent de sécurité me dit "on ferme à 18.00 heures".
"Mais non vous fermez à 18.30 heures" dis-je.
"Plus maintenant" dit-il "on a changé les horaires".
"Mais comment je suis sensée deviner que vous avez changé les horaires? Mon devoir doit être composté aujourd'hui".
"Désolé madame, c'est fermé, je ne peux rien faire pour vous".

Je vous passe la description de la crise que j'ai piquée. Je dirai seulement qu'après dix longues minutes de harcèlement phénoménal, l'agent de sécurité m'a regardée une dernière fois dans les yeux et m'a dit sèchement:
"Donnez-moi votre enveloppe et l'argent pour le timbre".
Il est rentré dans le bureau, il a fermé la porte d'entrée à clé derrière lui et deux minutes plus tard il est revenu avec la monnaie. Et moi je l'ai couvert de remerciements.

Je suis repartie à moitié en colère et à moitie honteuse du cinéma que j'avais fait à ce pauvre garçon. Mais basta ... ma mission était accomplie et mon devoir avait été expédié dans les temps ... comme une lettre à la poste ... ou presque.


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