Je suis des cours à l'université et quand je dois rendre un devoir, c'est toujours plus ou moins le même topo. A la dernière date d'envoi autorisée, je le termine à la dernière minute et rapplique à la poste dix minutes avant la fermeture pour surveiller de mes propre yeux le tamponnement de l'enveloppe et hop ... je peux passer à autre chose. Je suis comme çà. Pour pouvoir fonctionner il faut que je sois stressée à bloc. Comme je ne suis pas forcement tout le temps stressée il faut que je compte sur mes propres capacités de survie pour provoquer la venue du stress. J'attends donc jusqu'au dernier moment, jusqu'au moment fatidique ou avec stupéfaction, que dis-je avec horreur, je réalise que mon devoir est a à rendre dans 2 jours et je n'ai rien lu et rien fait. S'en suit une montée d'adrénaline qui ne ferait pas déshonneur à un pompier devant un immeuble en feu. Branle bas de combat. Alertés par une alarme sécrète mais assourdissante, les produits chimiques liés au stress se mettent en action et sont propulsés dans mes méninges à la vitesse du son: je lis, je réfléchis, j'écris, je suis heureuse, c'est magnifique. Cette excitation et profusion intellectuelle durera exactement jusqu'au moment ou la-dite enveloppe contenant le-dit devoir sera compostée par la postière.
Pourtant la dernière fois que je me suis précipitée à l'entrée de la poste, un peu avant la fermeture, une surprise m'attendait: elle était fermée.
"Comment çà fermée?" J'étais incrédule.
L'agent de sécurité me dit "on ferme à 18.00 heures".
"Mais non vous fermez à 18.30 heures" dis-je.
"Plus maintenant" dit-il "on a changé les horaires".
"Mais comment je suis sensée deviner que vous avez changé les horaires? Mon devoir doit être composté aujourd'hui".
"Désolé madame, c'est fermé, je ne peux rien faire pour vous".
Je vous passe la description de la crise que j'ai piquée. Je dirai seulement qu'après dix longues minutes de harcèlement phénoménal, l'agent de sécurité m'a regardée une dernière fois dans les yeux et m'a dit sèchement:
"Donnez-moi votre enveloppe et l'argent pour le timbre".
Il est rentré dans le bureau, il a fermé la porte d'entrée à clé derrière lui et deux minutes plus tard il est revenu avec la monnaie. Et moi je l'ai couvert de remerciements.
Je suis repartie à moitié en colère et à moitie honteuse du cinéma que j'avais fait à ce pauvre garçon. Mais basta ... ma mission était accomplie et mon devoir avait été expédié dans les temps ... comme une lettre à la poste ... ou presque.
Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2006-2007
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