Cette
matinée est vraiment emblématique de la société israélienne.
Nous nous réveillons au son de deux cloches qui donnerait à tout
citoyen normal des cauchemars. Mais en Israël, il n'est pas
nécessaire de s'endormir pour faire des cauchemars.
Il
suffit d'allumer la télé ou la radio ce matin pour comprendre la
profondeur du piège que l’état israélien s'est tendu à lui-même
à force d’être traqué par une réalité destructrice et
insoutenable.
Deux
items aux nouvelles de ce matin:
1.
Les protestations et manifestations violentes contre le défilé des
gays prévu pour ce vendredi à Jérusalem semblent prendre des
proportions tout à fait alarmantes. Les gays présentent leur défilé
comme une représentation, un reflet de la belle démocratie -
puisqu’Israël est une démocratie. Les ultra-orthodoxes dénoncent
ce défilé comme abusif et agressif envers la qualité sacrée de la
ville de Jérusalem, aussi bien d'ailleurs pour les Juifs que pour
les Chrétiens et les Musulmans. A vrai dire le consensus de la
population israélienne s'oppose à ce défilé à Jérusalem et
pas à Tel-Aviv par exemple ou un défilé de gays se déroule tous
les ans sans aucun problème. Ce qui différencie les
ultra-orthodoxes du reste de la population c'est la rage et la
violence qu'ils expriment dans les rues de la ville. Il semble qu'à
leurs yeux la limite ait été atteinte et qu'ils considèrent leurs
droits individuels de citoyens suffisamment bafoués pour justifier
une révolte et des batailles rangées avec la police israélienne.
2. Le
bombardement d'un immeuble palestinien a Beit Hanoun, provoquant la
mort de 19 civils. L’armée israélienne n'est décidément plus ce
qu'elle était. Il fut une époque ou lorsqu'on visait une cible
militaire on touchait une cible militaire, pas de pauvres gens
endormis dans leur lit. Bref il s'agit d'une erreur, encore une, et
tous les dirigeants israéliens se répandent en excuses proposant
même des soutiens et des aides médicales pour les familles. Et l'on
va ouvrir un comité d’enquête ... encore un, avec l'argent des
contribuables, qui ne savent plus ou donner de la tète avec tous
ces comités d’enquêtes sur les erreurs militaires, les ministres
corrompus, le président pris la main dans le heu sac et ainsi de
suite ...
Parfois
je suis envahie par la confusion: sommes-nous en guerre ou non avec
les palestiniens? Je croyais que oui puisqu'ils larguent
quotidiennement des bombes "artisanales" sur des villes
israéliennes ... Dans ce cas pourquoi se comporter comme si on ne
l’était pas? Quelque chose n'est pas clair. Je n'ai pas à
l'esprit qu'aucun pays arabe ait proposé un soutien financier,
médical ou quoi que ce soit après les centaines d'attentats
terroristes palestiniens qui on eut lieu contre des civils en Israël.
Il a toujours été limpide comme de l'eau de roche que les
palestiniens étaient en guerre contre les civils israéliens - par
le biais d'attentats terroristes, aussi bien évidemment que contre
l’armée israélienne.
Pourquoi
donc l’état israélien fait il une dichotomie entre le Hamas au
pouvoir dont la chartre est toujours de détruire Israël et ses
habitants, et les civils palestiniens qui ont voté, soit-dit en
passant, en grande majorité pour le Hamas? Pourquoi s'excuser? Parce
qu'on se sent obligés de s'excuser? Quelle hypocrisie ...
Il
n'y a bien qu'une seule chose qui préviendra la mort de civils
palestiniens et ce n'est pas comme les palestiniens le clament le
retrait total de l’armée israélienne de tous les territoires
occupés. Ce retrait se fera a son heure, mais pas maintenant ...
L’armée israélienne s'est en effet retirée de Gaza, comme tout
le monde le sait, et des milliers d’Israéliens ont été déplacés,
pour ne pas utiliser le verbe sensible "déportés".
Non,
il n'y a bien qu'une seule chose qui permettra aux civils
palestiniens de vivre comme tout le monde et c'est la discontinuation
immédiate des attentats palestiniens sur la population civile
israélienne, des attentats quotidiens sur la ville de Sderot et les
alentours de la bande nord de Gaza. Cette logique argumentaire passe
hélas à coté des décideurs palestiniens qui depuis des années ne
se lassent de crier au massacre des que Tzahal dévie de ses cibles
militaires alors qu'ils sont eux-mêmes les perpétrateurs de
massacres systématiques.
En
attendant que ce jour ait lieu, je m'associe à ce qu'un de mes amis
m'a dit récemment: les enfants ne sont jamais coupables, ou qu'ils
soient dans le monde. C'est dans ce contexte que je regrette la mort
de victimes civiles palestiniennes tout en étant réaliste et
sachant que beaucoup n'ont aucun regret lorsque des enfants
israéliens sont bombardés et massacrés à Sderot ou ailleurs en
Israël.
Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2006-2007
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