mardi 7 novembre 2006

Arba, hamesh, shesh

 Cette matinée est vraiment emblématique de la société israélienne. Nous nous réveillons au son de deux cloches qui donnerait à tout citoyen normal des cauchemars. Mais en Israël, il n'est pas nécessaire de s'endormir pour faire des cauchemars.

Il suffit d'allumer la télé ou la radio ce matin pour comprendre la profondeur du piège que l’état israélien s'est tendu à lui-même à force d’être traqué par une réalité destructrice et insoutenable.

Deux items aux nouvelles de ce matin:

1. Les protestations et manifestations violentes contre le défilé des gays prévu pour ce vendredi à Jérusalem semblent prendre des proportions tout à fait alarmantes. Les gays présentent leur défilé comme une représentation, un reflet de la belle démocratie - puisqu’Israël est une démocratie. Les ultra-orthodoxes dénoncent ce défilé comme abusif et agressif envers la qualité sacrée de la ville de Jérusalem, aussi bien d'ailleurs pour les Juifs que pour les Chrétiens et les Musulmans. A vrai dire le consensus de la population israélienne s'oppose à ce défilé à Jérusalem et pas à Tel-Aviv par exemple ou un défilé de gays se déroule tous les ans sans aucun problème. Ce qui différencie les ultra-orthodoxes du reste de la population c'est la rage et la violence qu'ils expriment dans les rues de la ville. Il semble qu'à leurs yeux la limite ait été atteinte et qu'ils considèrent leurs droits individuels de citoyens suffisamment bafoués pour justifier une révolte et des batailles rangées avec la police israélienne.

2. Le bombardement d'un immeuble palestinien a Beit Hanoun, provoquant la mort de 19 civils. L’armée israélienne n'est décidément plus ce qu'elle était. Il fut une époque ou lorsqu'on visait une cible militaire on touchait une cible militaire, pas de pauvres gens endormis dans leur lit. Bref il s'agit d'une erreur, encore une, et tous les dirigeants israéliens se répandent en excuses proposant même des soutiens et des aides médicales pour les familles. Et l'on va ouvrir un comité d’enquête ... encore un, avec l'argent des contribuables, qui ne savent plus ou donner de la tète avec tous ces comités d’enquêtes sur les erreurs militaires, les ministres corrompus, le président pris la main dans le heu sac et ainsi de suite ...

Parfois je suis envahie par la confusion: sommes-nous en guerre ou non avec les palestiniens? Je croyais que oui puisqu'ils larguent quotidiennement des bombes "artisanales" sur des villes israéliennes ... Dans ce cas pourquoi se comporter comme si on ne l’était pas? Quelque chose n'est pas clair. Je n'ai pas à l'esprit qu'aucun pays arabe ait proposé un soutien financier, médical ou quoi que ce soit après les centaines d'attentats terroristes palestiniens qui on eut lieu contre des civils en Israël. Il a toujours été limpide comme de l'eau de roche que les palestiniens étaient en guerre contre les civils israéliens - par le biais d'attentats terroristes, aussi bien évidemment que contre l’armée israélienne.

Pourquoi donc l’état israélien fait il une dichotomie entre le Hamas au pouvoir dont la chartre est toujours de détruire Israël et ses habitants, et les civils palestiniens qui ont voté, soit-dit en passant, en grande majorité pour le Hamas? Pourquoi s'excuser? Parce qu'on se sent obligés de s'excuser? Quelle hypocrisie ...

Il n'y a bien qu'une seule chose qui préviendra la mort de civils palestiniens et ce n'est pas comme les palestiniens le clament le retrait total de l’armée israélienne de tous les territoires occupés. Ce retrait se fera a son heure, mais pas maintenant ... L’armée israélienne s'est en effet retirée de Gaza, comme tout le monde le sait, et des milliers d’Israéliens ont été déplacés, pour ne pas utiliser le verbe sensible "déportés".

Non, il n'y a bien qu'une seule chose qui permettra aux civils palestiniens de vivre comme tout le monde et c'est la discontinuation immédiate des attentats palestiniens sur la population civile israélienne, des attentats quotidiens sur la ville de Sderot et les alentours de la bande nord de Gaza. Cette logique argumentaire passe hélas à coté des décideurs palestiniens qui depuis des années ne se lassent de crier au massacre des que Tzahal dévie de ses cibles militaires alors qu'ils sont eux-mêmes les perpétrateurs de massacres systématiques.

En attendant que ce jour ait lieu, je m'associe à ce qu'un de mes amis m'a dit récemment: les enfants ne sont jamais coupables, ou qu'ils soient dans le monde. C'est dans ce contexte que je regrette la mort de victimes civiles palestiniennes tout en étant réaliste et sachant que beaucoup n'ont aucun regret lorsque des enfants israéliens sont bombardés et massacrés à Sderot ou ailleurs en Israël.


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2006-2007

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