mercredi 4 octobre 2006

Le bleu du bonheur



Quand j'étais à Paris je suis allée à Pier Import rue de Rivoli et j'ai acheté une tasse et une soucoupe. La soucoupe était noire, la tasse noire elle-aussi mais seulement son extérieur, seulement sa face exhibée. A l'intérieur elle était d'un bleu féerique, lumineux. Le bleu du bonheur me dis-je en l'emportant à la caisse ...

C'est curieux comme j'abuse, depuis mon court séjour en France, du vocabulaire de la magie. Serais-je retournée à l'approche de ma fin de demi-siècle à un monde dominé par les magiciens et les bonnes fées? Sans doute aurais-je voulu être cet enfant dans "La vie est belle" de Roberto Benigni, capable de voir grâce à sa pureté, sa puérilité, des éclats de magie dans l'antre même de la mort. Mais cet enfant de pure fantaisie, inapplicable à la féroce réalité, imaginaire donc, survit grâce à son père le magicien. Celui-ci lui permet de rester relié au rêve, à la poésie, à l'amour pur et brutal à la fois dont l'enfant est capable.

Ainsi l'enfant est dans cette histoire, emblématique du rêve et de l'imagination, mais le père magicien lui, vit bel et bien dans la réalité. D'ailleurs il sera abattu, comme le sont tous les magiciens à l'approche de l'âge adulte. Enfin, presque tous les magiciens ...

Moi-même quand je suis d'humeur à être bonne fée je glisse un petit mot dans les sachets d'emballage: « quand tu as les idées noires, regarde le fond de la tasse, bleu comme les rêves, bleu comme la poésie, bleu comme mon amour pour toi."



Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2006-2007

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