Le matin vers 6h30, une tasse de café dans la main et un ou deux chats sur les jambes, il m'arrive de regarder un film à la télé au lieu de regarder les actualités. Cette décision matinale offre quelques avantages:1. Si une guerre a éclaté après que le Guerrier Ottoman soit parti au travail (6h30, heure officielle), je ne suis au courant de rien. Cela m'épargne beaucoup de stress.
2. S'il y a déjà la guerre et ce matin-là les médias israéliennes, toujours à l'affut de pratiques auto-destructrices, annoncent que nous l'avons perdue, je suis affairée à regarder "Le dernier gladiateur" ou "la princesse guerrière", donc je m'en fous.
3. Rien de tel qu'un mauvais film pour commencer la journée. C'est une étape à partir de laquelle vous ne pouvez que progresser.
4. Les films de 6h du mat offrent parfois au creux de leur médiocrité une véritable perle, un petit bijou sémantique ou philosophique sorti du cerveau d'un scénariste talentueux mais relégué aux séries B.
C'est ce qui m'est arrivé ce matin ... A la fin du film, la belle et courageuse princesse guerrière ayant détruit son cruel ennemi se trouve face à face avec le noble et courageux guerrier qui la si loyalement épaulée dans sa mission. La princesse lui dit d'une voix lasse qui en est revenue, des guerres, des défaites, des trahisons, de tout quoi ... "je n'ai pas besoin d'homme vous savez". A vrai dire on s'en doutait un peu ... elle est du genre à laver sa vaisselle et jeter ses poubelles toute seule, comme une grande, à la fin de la journée. Il lui répond "Je sais que vous n'avez pas besoin d'homme, je voulais juste vous proposer une danse".
J'ai trouvé ce message humoristique et philosophique à la suite d'échanges de glaives et lance-marteaux, tout a fait rafraichissant. Juste une danse: c'est ce que homme et femme se doivent après tous ces combats sanglants, ces maisons brûlées, ces enfants égorgés, ces têtes décapitées. Juste une danse ....
C'est Léonard Cohen qui chantait "Take this Waltz":
In the cave at the tip of the lily,
in some hallway where love's never been.
On a bed where the moon has been sweating,
in a cry filled with footsteps and sand --
Ay, ay, ay, ay
Take this waltz, take this waltz,
take its broken waist in your hand.
Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2006-2007
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire