A Neuvy j'ai prononcé une allocution. Le
royaliste, le magicien et la charmante verseuse de thé, m'ont tous-trois aidé à
rendre ce texte présentable.
Les gazettes du coin résumeront officiellement pour nous les éléments marquants de cette journée. Je me limiterai à quelques notes personnelles... J'ai parlé avec beaucoup de gens qui m'ont abordée pour me poser des questions sur Israël. Le conseiller régional se pressa de me rattraper dans la rue même ou ma famille fut jadis cachée "je voudrais vous demander quelque chose sur les affaires qui vous concernent ... chez vous". Je lui ai répondu "mais ce qui nous concerne, vous concerne également". Dieu seul sait comment l'esprit vient aux israéliennes égarées dans la campagne ...
Au président des amitiés judéo-chrétiennes je faisais part de mon admiration pour cette œuvre de rapprochement, ceci entre les 800 mètres qui séparaient le monument au mort ou se déroula le début de la cérémonie et l'endroit du square des justes. Je m'engageai tout de go sur le sujet sensible des dernières déconvenues papales et je donnais mon opinion qui mettait comme il se doit la raison du côté de ceux qui la mettent en pratique. "Que voila 800 mètres marchés en bonne compagnie" me dis-je. Plus tard nous nous retrouvâmes assis ensemble à la messe. Sur le point d'assister à la première messe de ma vie j'allai pour éteindre mon portable lorsqu'un message de mon fils, le soldat, me pétrifia: "Maman je t'aime. Tu me manques". Je pensais à ma propre mère qui 63 ans plus tôt s'était approchée du confessionnal, dans cette même basilique, pour communiquer avec le prêtre et obtenir de lui de précieux renseignements pour la survie de ses enfants. "Maman je t’aime, tu me manques". Ce message nous avait rejoints juste à temps toutes les deux.
Les thèmes de la commémoration furent repris dans la messe, ce que je trouvais plein de grandeur. La parole de Saint Jacques notait qu'il ne suffisait pas de parler mais il fallait agir. Ceux qui avaient sauvé des juifs pendant la guerre avaient été de véritables chrétiens. Avant la communion, M. Goetz, membre de la communauté juive de Châteauroux, dit le Kaddish dans cette merveilleuse basilique datant du 11e siècle et d'une architecture éblouissante. J'en avais des frissons, et a mon avis, je n'étais pas la seule.
Détour à la salle des fêtes ou l'adjoint au maire - qui avait très bien parlé durant l'inauguration de la plaque - nous distribua un peu de littérature sur Neuvy. Les auteurs d'autres discours durant l'inauguration, la sous-préfète et le représentant de l'ambassade israélienne, avaient sans doute rejoint leurs familles à l'heure ou nous entendions la messe. Dans son discours, la sous-préfète entra immédiatement dans le vif du sujet, l'extermination des Juifs et le courage de ceux qui vinrent à leur secours. Elle parla longuement avec l'efficacité et l'énergie d'une femme dont la carrière s'annonce brillante.
Plus tard, au café restaurant, auprès de mon frère, la gardienne et le magicien, je crois que j'ai commence à me sentir heureuse. Heureuse vraiment. Heureuse d'avoir parlé, d'avoir écouté, d'avoir embrassé tous ces gens chaleureux. Heureuse d'avoir trouvé l'amitié sans l'avoir cherchée, comme une pierre lumineuse trouvée sur le chemin. Heureuse de me reconnaitre à cet endroit ou je ne vécu pas et ne me cachai pas, mais ou ma vie en projection se décida et se défit chaque jour comme une bobine filée et défilée par un enfant distrait.
Les gazettes du coin résumeront officiellement pour nous les éléments marquants de cette journée. Je me limiterai à quelques notes personnelles... J'ai parlé avec beaucoup de gens qui m'ont abordée pour me poser des questions sur Israël. Le conseiller régional se pressa de me rattraper dans la rue même ou ma famille fut jadis cachée "je voudrais vous demander quelque chose sur les affaires qui vous concernent ... chez vous". Je lui ai répondu "mais ce qui nous concerne, vous concerne également". Dieu seul sait comment l'esprit vient aux israéliennes égarées dans la campagne ...
Au président des amitiés judéo-chrétiennes je faisais part de mon admiration pour cette œuvre de rapprochement, ceci entre les 800 mètres qui séparaient le monument au mort ou se déroula le début de la cérémonie et l'endroit du square des justes. Je m'engageai tout de go sur le sujet sensible des dernières déconvenues papales et je donnais mon opinion qui mettait comme il se doit la raison du côté de ceux qui la mettent en pratique. "Que voila 800 mètres marchés en bonne compagnie" me dis-je. Plus tard nous nous retrouvâmes assis ensemble à la messe. Sur le point d'assister à la première messe de ma vie j'allai pour éteindre mon portable lorsqu'un message de mon fils, le soldat, me pétrifia: "Maman je t'aime. Tu me manques". Je pensais à ma propre mère qui 63 ans plus tôt s'était approchée du confessionnal, dans cette même basilique, pour communiquer avec le prêtre et obtenir de lui de précieux renseignements pour la survie de ses enfants. "Maman je t’aime, tu me manques". Ce message nous avait rejoints juste à temps toutes les deux.
Les thèmes de la commémoration furent repris dans la messe, ce que je trouvais plein de grandeur. La parole de Saint Jacques notait qu'il ne suffisait pas de parler mais il fallait agir. Ceux qui avaient sauvé des juifs pendant la guerre avaient été de véritables chrétiens. Avant la communion, M. Goetz, membre de la communauté juive de Châteauroux, dit le Kaddish dans cette merveilleuse basilique datant du 11e siècle et d'une architecture éblouissante. J'en avais des frissons, et a mon avis, je n'étais pas la seule.
Détour à la salle des fêtes ou l'adjoint au maire - qui avait très bien parlé durant l'inauguration de la plaque - nous distribua un peu de littérature sur Neuvy. Les auteurs d'autres discours durant l'inauguration, la sous-préfète et le représentant de l'ambassade israélienne, avaient sans doute rejoint leurs familles à l'heure ou nous entendions la messe. Dans son discours, la sous-préfète entra immédiatement dans le vif du sujet, l'extermination des Juifs et le courage de ceux qui vinrent à leur secours. Elle parla longuement avec l'efficacité et l'énergie d'une femme dont la carrière s'annonce brillante.
Plus tard, au café restaurant, auprès de mon frère, la gardienne et le magicien, je crois que j'ai commence à me sentir heureuse. Heureuse vraiment. Heureuse d'avoir parlé, d'avoir écouté, d'avoir embrassé tous ces gens chaleureux. Heureuse d'avoir trouvé l'amitié sans l'avoir cherchée, comme une pierre lumineuse trouvée sur le chemin. Heureuse de me reconnaitre à cet endroit ou je ne vécu pas et ne me cachai pas, mais ou ma vie en projection se décida et se défit chaque jour comme une bobine filée et défilée par un enfant distrait.
Retour sans magie
J'arrive chez moi après un voyage assez fatiguant - des délais et fouilles répétées à l'aéroport, dont deux (!) fouilles corporelles, une au niveau de la douane et une autre avant l'embarquement. Impossible de prendre des liquides ou des gels dans l'avion... Certaines personnes se sont même vues refuser la possession de médicaments ... L'avion s'est envolé avec 1 heure et demi de retard. J'étais assise derrière, devant et à côté de bébés et jeunes enfants, dont une petite qui a vomi avant même le décollage et hurlé pendant 4 heures.
Lors de mon séjour au Berry natal j'ai fait la connaissance un peu approfondie d'un magicien. Oui je sais, on ne dit pas "un peu approfondie" mais dans ce cas-la, pour des raisons multiples et même légèrement complexes, il s'agit d'un approfondissement dans la retenue. Ou en étais-je??? Donc, c'est au milieu de ces retards, ces odeurs de vomi et les pleurs lancinants, que l'image du magicien me vint à l'esprit: il aurait du m'accompagner et intimider pour moi les aiguilleurs du ciel, les éléments et les bébés brailleurs pour faire de mon retour une réussite totale. Ce magicien là a une vocation de chevalier blanc dans la manche ...
J'arrive chez moi après un voyage assez fatiguant - des délais et fouilles répétées à l'aéroport, dont deux (!) fouilles corporelles, une au niveau de la douane et une autre avant l'embarquement. Impossible de prendre des liquides ou des gels dans l'avion... Certaines personnes se sont même vues refuser la possession de médicaments ... L'avion s'est envolé avec 1 heure et demi de retard. J'étais assise derrière, devant et à côté de bébés et jeunes enfants, dont une petite qui a vomi avant même le décollage et hurlé pendant 4 heures.
Lors de mon séjour au Berry natal j'ai fait la connaissance un peu approfondie d'un magicien. Oui je sais, on ne dit pas "un peu approfondie" mais dans ce cas-la, pour des raisons multiples et même légèrement complexes, il s'agit d'un approfondissement dans la retenue. Ou en étais-je??? Donc, c'est au milieu de ces retards, ces odeurs de vomi et les pleurs lancinants, que l'image du magicien me vint à l'esprit: il aurait du m'accompagner et intimider pour moi les aiguilleurs du ciel, les éléments et les bébés brailleurs pour faire de mon retour une réussite totale. Ce magicien là a une vocation de chevalier blanc dans la manche ...
Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2006-2007
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire