samedi 30 décembre 2006

Histoire de mots II

"Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,
Was Erlenkönig mir leise verspricht?
-Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind;
In dürren Blättern säuselt der Wind."


J'entamais ma terminale lorsque Mali me parla d'un livre qui l'avait fascinée: "Le Roi des aulnes" de Michel Tournier. Publié en 1970 et récipient du prix Goncourt je ne sais guère pourquoi ce livre mit trois ans pour atterrir sur mes genoux. Mais à vrai dire je le sais bien. Il fallut attendre que j'ai 17 ans ... Ce livre me fit un peu de mal et beaucoup de bien.

Je séchais trois jours de lycée pour lire le bouquin dans un troquet reclus de Châteauroux. Pourquoi un troquet reclus? Tout simplement parce que je voulais moi-même devenir recluse et échapper au regard des habitués des cafés que je fréquentais dans la ville. Il me fallut le reste de la semaine pour digérer l’évènement qui venait de me frapper. Le héros du "Roi des aulnes" était un porteur, un transporteur d'enfants et moi je me sentais portée vers le passé et transportée dans ma vie présente.

Après le "Roi des aulnes" je lus "Vendredi ou les Limbes du Pacifique" mais n'en sortais pas subjuguée. En 1975 Mali me donna à lire "Les Météores" qui venait d’être publié. C'est ainsi que je me découvrais une fascination sans borne pour le thème de la gémellité, les identités dédoublées et par extension toutes les questions identitaires. Mali avait beaucoup aimé "les Météores" mais je n'ai pas le souvenir d'avoir eu avec elle des discussions littéraires. Elle me tendait les livres à lire comme une mère tend à son enfant une tartine au fromage en pensant en son for intérieur "ça lui fera du bien ...".


Copyright & copy - Nathalie R. Klein © 2006-2007

Aucun commentaire: